Les sérigraphies, de l’art pour Parc 17

Cela fait longtemps que je voulais vous évoquer cet élément artistique architectural qui enrichira Parc 17 : les sérigraphies. Le temps est venu car prochainement… vous pourrez les découvrir de visu 😉

Ceux qui passent de temps en temps sur le chantier ont peut-être remarqué cette construction le long de la rue Bernard Buffet, face à la sortie des parkings de l’Hôtel Ibis, posée là où bientôt reviendront les rails. Je me suis longtemps demandé ce que cela pouvait être car franchement, cela ressemble à un morceau de Parc 17, alors … sans vraiment chercher à savoir, la réponse est venue. Il s’agit d’un prototype de Parc 17 qui servira courant juillet à accueillir un ou des éléments de sérigraphie afin que nous puissions tous voir de quoi sera équipé Parc 17 et, je l’espère, convaincre les moins persuadés.

Lorsque nous avions interviewé Francis SOLER en mars dernier, il nous avait raconté les sérigraphies. Pour débuter, il faut rappeler que Francis SOLER n’est pas à son galop d’essai en matière de sérigraphies. Les immeubles de la rue Emile Durkheim à Paris et de l’allée Paul Signac à Clichy en sont habillés.

Pour un aperçu de l’immeuble de la rue Émile Durkheim et de ses sérigraphies, parcourez les photos du Courrier de l’Architecte. Pour avoir un aperçu de l’immeuble de Clichy et de ses sérigraphies, parcourez ce dossier de presse.

Lors de l’interview, nous avions demandé à Francis SOLER, pourquoi ces sérigraphies ?

Vous savez, je suis un Méditerranéen et j’aime bien avoir de la lumière au maximum et en même temps ne pas être vu dans mon intimité. C’est toujours le problème du Sud, voir sans être vu, donc le moucharabié contemporain et moderne, c’est la sérigraphie. D’abord parce que cela teinte le sol, les éléments. Cela permet d’être chez soi, de voir dehors mais réellement on ne vous voit pas chez vous. Et puis cela permet de raconter une histoire. Les bâtiments ont toujours été des supports à conter des choses, raconter des histoires.

Tout la bâtiment n’en sera pas équipé. Pourquoi ?

La partie haute est en relation avec le ciel avec des grands garde-corps en verre et la partie basse est plus complexe avec des garde-corps sur les balcons en tube inox et des éléments sérigraphiés. C’est pour une question de confidentialité. J’ai pris conscience que le bâtiment allait être vu du parc. Les trois, quatre premiers niveaux sont plutôt planqués derrière les sérigraphies. Ainsi, les gens dans ces étages inférieurs vont pouvoir voir dehors sans qu’on les voit chez eux. Par contre à partir du cinquième, sixième étage, le verre va refléter le ciel et vous ne verrez jamais dans les appartements. Plus vous montez, plus le reflet masque l’intérieur. C’est tout un travail de mise en scène qui permet de maintenir la confidentialité des appartements bas par rapport au parc. Dans une rue, je n’aurais pas fait ça. Par rapport au haut, on essaie de rendre le bâtiment plus évanescent avec des garde-corps vitrés, purs.

Les images ci-dessous que l’on retrouve dans le numéro de l’Architecte d’Aujourd’hui ou que nous a confiées Francis SOLER, indiquent où seront placées ces sérigraphies, celles des garde-corps et celles des murs.

Facade de Parc 17

Façade de Parc 17

Emplacement des sérigraphies sur la face avant de Parc 17

Emplacement des sérigraphies sur la face avant de Parc 17

Sérigraphies sur la face arrière de Parc 17

Sérigraphies sur la face arrière de Parc 17

Quelles formes prendront ces sérigraphies ?

Concrètement, les sérigraphies apparaissent comme des gravures. Dans Parc 17, elles se composent de deux éléments.

Le premier élément se trouve sur verre, à l’intérieur, devant le garde-corps en tube inox, protégée de l’extérieur. Il n’existera que sur la partie basse du garde-corps, pas sur sa partie rabattable.

Le second élément se trouve sur une plaque de métal, sur le mur.

Au premier plan, sur verre, les sérigraphies sont plus colorées alors que les impressions derrière sont comme une projection des premières sur le mur par l’effet du soleil, un peu en noir et blanc, moins colorée. Autrement dit, la sérigraphie est colorée. Les impressions qui se font derrière sont dessaturées. C’est la même image mais c’est comme si elle était en ombre portée. Elle est comme un peu brulée, elle vire vers le noir et blanc. Pour schématiser, tout ce qui est sur tôle est en noir et blanc à peine coloré, tout ce qui sera en sérigraphie sera plus vif, coloré.

Ces 2 dernières images permettront aux lecteurs les plus créatifs de mieux comprendre comment sont réalisées ces sérigraphies.

Qui crée ces sérigraphies ?

Les motifs sont créés par Francis SOLER et sa collaboratrice. Ils créent des images pleines qui sont ensuite fragmentées, pixelisées pour donner un effet design et tendre vers l’abstraction.

Je veux que ce soit abstrait. Je ne veux pas que l’on puisse reconnaître les motifs, l’image d’origine. L’origine de l’histoire, c’est notre naissance, ensuite l’histoire se développe, croise des éléments, percute des tas de choses et après on arrive à une espèce d’abstraction. C’est un prétexte à raconter une histoire qui vient d’ailleurs sans la représenter. Ici, c’est un mélange de cinq histoires différentes. Chacun peut y trouver quelque chose. Ainsi, de près une image apparaît, de loin une autre apparaît. Ce sont différentes échelles de lecture.

Le bâtiment reste statique. Le problème des architectes est qu’ils se battent contre l’immobilisme, l’immobilité des éléments construits lourds, ancrés dans le sol à la différence des artistes, des cinéastes qui sont dans le mouvement. L’architecte a la frustration de l’ « amobilité ». La mobilité ne pouvant être atteinte par le bâtiment lui-même doit l’être par la perception que l’on a du bâtiment. La sérigraphie va animer le bâtiment. L’architecture que je fais, doit être réalisée, vue, pour être appréciée. Il y a des choses qui se dessinent mal. Comme on joue sur des profondeurs, des couleurs, des sensibilités, c’est subtil et difficile à comprendre.

Vous l’aurez compris, tout est créé pour Parc 17. Francis SOLER et sa collaboratrice travaillaient encore à la création des images des sérigraphies récemment. Aucune des images figurant dans cet article ne correspond à ce que nous découvrirons bientôt.

Nous espérons que tout comme nous, cet article vous aura donné hâte de découvrir ces sérigraphies et que vous en apprécierez l’importance. Pour notre part, nous sommes ravis de cet élément architectural artistique qui donnera à Parc 17 une place de choix dans la ZAC Clichy-Batignolles 🙂

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2 réponses à "Les sérigraphies, de l’art pour Parc 17"

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